MAID
de Molly Smith Metzler
Avec Margaret Qualley, Nick Robinson, Rylea Nevaeh Whittet
mini-série USA 2021
Maid est l’histoire d’une jeune femme qui souhaite le meilleur pour elle et son entourage. Animée d’une puissante pulsion de vie, elle se bat pour sortir de sa condition précaire quasi pré-déterminée. Finalement, une histoire banale parmi tant d’autres, si ce n’est que Molly Smith Metzler, nous ouvre en grand les portes de la banalisation de la violence et de l’engrenage vicieux de la pauvreté. Ces deux fléaux font tellement partie intégrante de notre paysage social actuel que le spectateur ne remarque même plus leur présence à l’écran et ne s’offusque même plus des premiers signes mis en scène habilement par la réalisatrice. S’indigner ? Mais de quoi ? Ce sont juste des petites disputes de couple… Y a pas mort d’homme ! Et après tout, trouver un travail c’est pas si compliqué... Elle exagère un peu, non ?
Mais la question se pose… Où commence la violence ? Peut-on oser songer qu’elle commence à la peur d’une femme qui voit son mari rentrer ? Et que faire quand même les souvenirs sont flous, partiellement refoulés et qu’ils en deviennent insaisissables…
Compagnon violent, père ou mère maltraitante ? Comment s’en protéger et s’en émanciper ? « Quand on veut on peut ! » Arf ! Est-ce aussi simple ? On sait bien que non, et chaque personnage de ce film voit son côté lumineux mis en exergue par son côté obscur.
C’est aussi une plongée dans la relation filiale, montrant également comment la fusion mère-fille tente de compenser la terreur liée à l’instabilité de l’être et de l’existence.
Trois générations se mêlent à l’écran, menant le spectateur dans les méandres des liens mères-filles : une grand-mère bipolaire, une mère-courage parce qu’elle n’a pas le choix et une petite-fille bien trop docile s’accommodent tant bien que mal de leurs conditions de vie, les décisions et réactions de l’une impactant les autres.
Cette série propose donc un regard juste et mesuré sur la violence psychique et physique intra-familiale sans pour autant excuser la violence.

